SABLIER Un navire sablier est un type de navire chargé d’extraire les granulats marins à faible profondeur dans le but d’entretenir les ports ou d’extraire des matériaux. L’extraction des sables a des conséquences sur l’écosystème, notamment à proximité du littoral. Nanterre est bordé par la seine, ainsi que par les bateaux qui la traverse. En me rendant sur place je me suis intéressée aux transports de marchandise, donc majoritairement de sable. La manutention portuaire désigne l’ensemble des opérations de chargement et de déchargement des navires marchands dans les ports de commerce à bord de bateaux ou à quai. Je me suis d’abord questionné sur l’exploitation du sable, et sa possible disparition. Ainsi, est ce que l’exploitation du sable le met en danger ? Le sable est utilisé pour la fabrication du béton, du verre, des matériaux de toiture, l’assainissement… Il est une matière première centrale dans la construction. L’extraction de sable engendre la disparition progressive des plages (entre 75 et 90 % des plages du monde reculent.) Cette érosion du littoral est causée par l’extraction du sable marin effectué par les bateaux. Le sable est la deuxième ressource naturelle la plus consommée. Longtemps, il a été extrait en carrières (= retiré du sol en masse) mais, ces dernières s’épuisant, l’extraction s’est peu à peu déplacée vers les plages et les fonds marins. La drague des bateaux qui aspirent le fond avec une pompe détruit le substrat, l’habitat des espèces qui vivent dans les bas fonds de la mer. Des espèces peu connues mais qui sont le premier maillon de la chaîne alimentaire. Pendant l’extraction, l’eau se trouble, ce qui peut aussi perturber la luminosité dans l’eau et peut avoir un impact sur certaines algues. 5 à 7 millions de tonnes de granulats marins sont extraites chaque année en France. Ce sont des matériaux fossiles qui constituent une ressource limitée. Leur usage fondamental dans la construction, nécessite la réglementation de leur extraction, pour maîtriser les risques sur le littoral et la biodiversité. En France, l’attribution des concessions et de droits d’extraction sont régies par le Code minier et le Code de l’Environnement. C’est un droit régalien de l’État qui fixe les conditions, droits et délais d’exploitation du sous-sol. L’activité d’extraction marine est très encadrée. Le transport fluvial reste t-il un transport éco responsable ? Le transport fluvial émet jusqu’à cinq fois moins de CO2 que le transport routier pour 1 tonne transportée, il a aussi de faibles nuisances sonores : le transport fluvial est le mode de transport le plus silencieux; il permet également d’acheminer de gros volume (1 barge = 250 camions). Il est donc considéré comme un mode de transport alternatif et écologique qui génère de faibles externalités environnementales sur les territoires. Il est aussi a savoir que pour la même quantité de marchandise transportée, un bateau fluvial consomme trois à quatre fois moins d’énergie qu’un camion. Ainsi ma série de photographies réalisée à Nanterre révèle plusieurs choses; j’ai voulu mélanger les paysages de la seine, avec les bateaux : les sabliers, ainsi que la matière du sable, les marins et les pelles hydrauliques qui déchargent les bateaux. C’était important selon moi de soulever la conscience écologique du transport fluvial, pour transmettre cette idée, j’ai voulu alors jouer avec les échelles dans les photographies ou le marin se fond dans son bateau, dans la faune et la flore, se perd ou disparait derrière le sable. Pour qu’il n’apparaisse pas au premier abord comme le caractère principal, mais comme un travailleur qui respecte la nature qu’il traverse. Cependant le message est clair, c’est une activité qui tend à s’améliorer sur plusieurs points vers un avenir encore plus éco responsable. Le choix du noir et blanc souligne l’idée que c’est un débat d’hier, d’aujourd’hui et de demain; l’absence de couleurs ramène à n’importe quel contexte, époque, et élargit le champs des images. Pour travailler plus loin dans la matière j’ai utilisé le développement photographique comme un support ou j’ai utilisé du sable et de l’eau en les faisant apparaitre sur des photographies du lieu. La où la nature est censé prendre le dessus. J’ai pu échanger avec un travailleur également : Jojo cela fait 23 ans qu’il est dans le métier, il a commencé en tant que débardeur (= aller dans les cales de bateau pour nettoyer la pelle avec un balai ou un mini chargeur.) Et il y a 4 ans il est monté dans la pelle hydraulique suite au décès de son père qui était lui même conducteur. Son métier consiste a décharger les péniches , il les vide avec une pelle hydraulique pour alimenter les centrales a béton. J’ai pu échanger avec lui quelques minutes sur sa relation avec le métier et ses collègues. Un contact avec un travailleur me semblait important, la touche humaine dans ce sujet a une forte importance. Le mot sablier qui désigne les bateaux transportant le sable est interessant pour le sujet, je l’ai considéré sous plusieurs sens : Et si les remises en question éco responsable était intrinsèquement liée à notre rapport au temps ? Alors que l’époque est au culte de la vitesse, il défend l’idée que ralentir nous permettrait de « prendre le temps » d’être écologiste. Faire ainsi rappel à la prise de conscience écologique a travers le temps qui s’écoule.